LA LEGIONELLOSE

 

1. HISTORIQUE
2. CARACTERES BACTERIOLOGIQUES
3. CLASSIFICATION
4. EPIDEMIOLOGIE
5. PHYSIOPATHOLOGIE

6. DIAGNOSTIC
7. TRAITEMENT
8. PROPHYLAXIE

 

La légionellose est une pneumopathie aiguë dont l’agent causal est une bactérie du genre legionella.

 

1. HISTORIQUE

On appela "maladie des Légionnaires " l’anadémie qui frappa 200 participants du 58ème congrès de la Légion américaine à Philadelphie en juillet 1976 et provoqua 30 décès. Le terme d’anadémie désigne toute contamination multiple sans contagion inter humaine.

Au bout d’un an de recherches, l’agent causal de cette maladie fut découvert et dénommé : " Legionella pneumophila ".

Le nombre des cas de légionelloses diagnostiqués en France en 1995 était évalué à 530 cas.

Mais le nombre réel de cas est estimé entre 3000 à 5000 par an.

 

 

2. CARACTERES BACTERIOLOGIQUES

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Legionella est :

 

3. CLASSIFICATION

Le genre Legionella est divisé en 39 espèces, divisées elles-mêmes en biotypes.

Il y a 3 espèces pathogènes principales :

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4. EPIDEMIOLOGIE

 

La voie de contamination connue est la voie aérienne (inhalation d’eau contaminée par des Légionelles).

Les Légionelles se multiplient dans les macrophages alvéolaires et causent leur destruction. Les Légionelles restent dans les alvéoles provoquant une alvéolite fibrinopurulente.

Chez les immunodéprimés, les Légionelles sont retrouvés dans le sang, le foie, la rate, les ganglions.

Le tabagisme, altérant la résistance naturelle aux infections au niveau des alvéoles pulmonaires, est un facteur favorisant majeur.

Les principales sources de contamination sont :

A ce jour, aucun cas de contamination inter-humaine n’a été rapporté. D’autres modes de contamination (ingestion) n’ont pas été prouvés.

Pour les climatiseurs, on estime que le risque de contamination est important au-delà de 1 000 Légionelles (UFC) par litre d’eau.

Le nombre de cas de légionelloses acquises en milieu hospitalier représente prés de 20 % de l’ensemble des légionelloses.

Une enquête en région parisienne a montré que 70 % des équipements collectifs de distribution d’eau chaude contenait des Légionelles.

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5. PHYSIOPATHOLOGIE

On distingue trois formes cliniques principales de légionellose :

5.1. " Maladie des Légionnaires " ou pneumopathie à Legionella

A l’issue d’une période d’incubation de 2 à 10 jours, des myalgies, une céphalée et un fébricule parfois associés à une toux sèche apparaissent.

La phase d’état de la maladie associe selon des degrés divers :

Les complications possibles sont les suivantes :

En cas d’évolution favorable, la rémission apparaît à partir de 8 à 12 jours, sinon le décès peut survenir vers le 7ème ou 8ème jour.

5.2. La légionellose des patients immunodéprimés

Ces patients présentent une pneumopathie aiguë évoluant vers l’abcédation. Le risque de mortalité est supérieur à 30%. On isole fréquemment une bactérie pathogène associée à Legionella.

5.3. La fièvre de Pontiac

L’incubation dure 1 à 2 jours. Les malades présentent un tableau grippal pendant 2 à 5 jours. La guérison est spontanée.

 

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6. DIAGNOSTIC

6.1. Isolement des Légionelles

L’isolement peut être réalisé sur les prélèvements suivants :

L’examen direct après coloration montre des bacilles à Gram négatif souvent en aspect de fuseau.
L’examen en immunofluorescence directe a une sensibilité proche de 50%.
La culture nécessite un milieu spécial (CYE, BCYE), incubé 4 jours à 37°C.

6.2. La détection d’antigènes solubles dans les urines

Il existe un test d’agglutination au latex.

6.3. Sérologie

L’immunofluorescence indirecte reste la méthode de référence. La spécificité est supérieure à 90%. Il existe des réactions croisées avec les chlamydiae, les rickettsies, les mycoplasmes et les leptospires.

Les anticorps apparaissent durant la première semaine de l’infection avec un pic au bout d’un mois.

7. TRAITEMENT

L’antibiotique de choix est l’érythromycine à la dose de 0,5 à 1 g toutes les 6 heures pour l’adulte et à 15 mg/kg toutes les 6 heures pour l’enfant. Le traitement doit être commencé avant la confirmation du diagnostic.

Le choc, l’insuffisance rénale ou respiratoire demandent une thérapeutique spécifique.

8. PROPHYLAXIE

Face à l’importance du risque sanitaire, la Direction Générale de la Santé a rédigé et diffusé la circulaire n°98/771 du 31 décembre 1998. Cette circulaire (dont le texte intégral est présent sur notre site dans la rubrique documentation) précise l’application des préconisations concernant la gestion du risque vis-à-vis de la prolifération des Légionelles dans les réseaux et systèmes de traitement d’eau.

Cette circulaire précise notamment :

" La qualité microbiologique de l’eau est un paramètre essentiel de la maîtrise du risque nosocomial. Une contamination même faible (au niveau du seuil de détection par exemple) par des Légionelles aux points d’usages peut constituer un danger sanitaire, particulièrement pour les sujets présentant des facteurs de risque en rapport avec une affection de l’appareil respiratoire ou avec une baisse de leurs fonctions immunitaires.

Les patients concernés sont donc nombreux :

De même, les prématurés et les nouveaux nés n’ont pas achevé le développement de leur système respiratoire et doivent faire également l’objet de précautions particulières ".

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Elle demande de respecter notamment les points suivants :

En ce qui concerne la prévention des risques dus à l’utilisation des climatiseurs, une législation spécifique est en place. Vous en trouverez le texte dans la rubrique documentation de notre site.
Ce texte impose de rechercher les Légionelles dans les systèmes de refroidissement au contact du public et préconise l’entretien de ces appareils.

Nous intervenons dans les recherches et l’identification des Légionelles dans l’eau, la formation du personnel et la réalisation du dossier technique conformément aux textes en vigueur.

 

 

© 2000 LAEASE — 05/2000 Docteur Patrick DELPUECH www.laease.fr

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